L’ONU Femmes est née. Vive la mixité de la planète.

Fin juin, lors des G8 et G20 tenus au Canada, le visage de la gouvernance mondiale était encore insolemment masculin. Ces tribunes de la démocratie ne sont vraiment pas à l’image de la population du globe.

Mais réjouissons nous, il y a de l’espoir. Le 2 juillet 2010, l’Assemblée générale de l’ONU votait à l’unanimité en faveur de l’établissement d’une nouvelle entité pour la promotion de la parité et l’autonomisation des femmes, appelée « ONU Femmes ». Avec l’établissement d’ONU Femmes, le monde est entré dans « une nouvelle ère en matière de travail des Nations Unies pour les femmes, » déclarait alors le Secrétaire général Ban Ki-moon.

Les femmes et les hommes qui, entre autres, militent pour l’accès accru des femmes aux postes décisionnels fondent beaucoup d’espoir sur cette reconnaissance officielle de la mixité de la planète. Espérons que, sans tarder, les gestes suivent les textes. Nous espérons notamment qu’une priorité soit donnée à la préparation et à l’accompagnement de femmes vers la politique et les postes de leadership, dans tous les pays.

Pour faire enfin des femmes des actrices du progrès de la planète, la nouvelle instance devrait, entre autres, modifier l’ordre des priorités visées par les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) décrétés par l’ONU en 2005. Ainsi, il serait pertinent que l’égalité des femmes, objet du 3e OMD, accède à un statut transversal aux sept autres objectifs. En effet, la pleine citoyenneté des femmes se trouve en amont de la réduction de la pauvreté, de la maladie, de la corruption et de l’analphabétisme. Cessons de voir l’égalité et l’empowerment des femmes comme des conséquences du progrès; ce sont plutôt des clés de progrès.

Élaine Hémond

Consultante Genre et Gouvernance

Québec

Encadré :

ONU Femmes, pour quoi faire ?

La nouvelle entité, qui sera opérationnelle à compter du 1er janvier 2011, réunira quatre instances déjà existantes : la Division de la promotion de la femme (the Division for the Advancement of Women (DAW)) ; l’Institut international de recherche et de formation pour la promotion de la femme (the International Research and Training Institute for the Advancement of Women (INSTRAW)) ; le Bureau de la Conseillère spéciale pour la problématique hommes-femmes et la promotion de la femme (the Office of the Special Adviser for Gender Issues and Advancement of Women (OSAGI)) ; et enfin, le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (United Nations Development Fund for Women (UNIFEM)).

Cette initiative devrait assurer une meilleure coordination et une cohérence accrue des politiques et actions visant l’égalité des femmes et des hommes.